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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 19:38

bruno 

Bruno Giordano est né en janvier 1548 à Nola, bourgade proche du Vésuve . Son nom de baptême est Filippo. Sa famille est modeste (son père est « homme d'armes »). L'école la plus proche lui donne une instruction imprégnée d'Humanisme, d'auteurs classiques, d'études de la langue et de la grammaire latine. Marqué et rebuté par le pédantisme qui accompagne l'enseignement, il part rejoindre l'université, de Naples, où il découvrira la mnémotechnique, qui constituera rapidement l'une de ses disciplines d'excellence. Il prend aussi des cours particuliers, qui le mettent au cœur des débats philosophiques entre Platoniciens et Aristotéliciens. Sa culture Humaniste, va s'enrichir d'un apport théologique déterminant. Il entre le 15 juin 1563 chez les Frères prêcheurs de San Domenico Maggiore, prestigieux couvent Dominicain, où fut inhumé st Thomas d’Aquin, pour la qualité des titres qu’il attribue, titres incontestés et réputés dans toute l'Italie, et trouver un précieux refuge en ces temps de disette et d'épidémies. Il y rencontre Giordano Crispo, maitre en métaphysique, auquel il rend hommage en adoptant son prénom. Il est alors un dominicain modèle, vivant selon la devise "verba et exempla " . Il est ordonné prêtre en 1573. Lecteur en théologie en 1576,  accusé d’hérésie, il s’enfuit et abandonne son habit de dominicain pour commencer une vie d’errance . Il possède le goût de l'Hermétisme et  une passion pour la cosmologie, détachée de l'approche théologique. La rupture qui couvait finit par être consommée. Dès sa première année de noviciat, il avait ôté des images saintes de sa chambre, notamment celles représentant Marie, s'attirant l'accusation de profanation du culte de Marie. Au fil des années, les heurts deviennent plus durs, tout particulièrement au sujet de la Trinité, dogme qu'il repousse. On l'accuse d'avoir lu et étudié des livres interdits. En février 1576, il doit abandonner le froc dominicain et fuir, une instruction ayant été ouverte à son encontre qui doit le déclarer hérétique. Dans un premier temps, Bruno espère rester en Italie. Il survit, de 1576 à 1578, par des leçons de grammaire ou d’astronomie, mais sa condition d’apostat l’amène à changer fréquemment de ville ou de région : Gênes, Noli, Savone, Turin, Venise, Padoue, Brescia, Naples abritent successivement ses doutes et ses recherches. Durant ces deux années, il ne pourra publier qu’un seul ouvrage, dont on ne connaît que le titre : "De' segni de tempi" (Des Signes du temps). À Brescia, il guérit un démoniaque, puis finit par s’exiler à Genève en Territoire Calviniste Mais son intégration dans la communauté ne durera qu’un temps : une dispute avec la hiérarchie (il conteste la compétence d’un de ses membres, le professeur de philosophie Antoine de la Faye) lui vaut arrestation et excommunication, le 6 août 1578. Il alterne la physique et les mathématiques, et publie un ouvrage sur la mnémotechnique : "Clavis Magna". Intéressé par l’ouvrage et impressionné par la mémoire colossale de Bruno et son travail sur la mémoire magique, Henri III le fait venir à la cour et devient son protecteur, lui offrant, jusqu'en 1583, cinq années de paix et de sécurité.  Il publiera "de umbris idearum".Passionné des "Talismans magiques" de Ficin sans se laisser entraver par les inhibitions chrétiennes, Giordano se passionne pour l’Hermétisme Egyptien et n’a de cesse de se référer au Trismégiste à travers le Corpus Herméticum " ; l’unité du tout dans le Un" est un thème récurrent dans son œuvre. Philosophie et religion sont une même chose et toutes  deux hermétiques sont liées à "l’école d’Alexandrie "à travers la version latine de Ficin du Corpus Herméticum sans toutefois mépriser la Kabbale. Il figure parmi les philosophes attitrés de la cour. Henri III lui octroie une chaire. En 1582, son talent d’écrivain ironique, lyrique et imagé se décline dans "Candelaio" , comédie satirique sur son temps. En avril 1583, Bruno se rend en Angleterre, à Londres puis à Oxford, où il reçoit un accueil hostile. Précédé par une réputation brillante mais sulfureuse, Les ouvrages publiés à cette époque explorent les champs de la morale et de la philo, mais ils ne sont en fait que de gigantesques traités d’Hermétisme. La vérité de Giordano n’est ni chrétienne ni orthodoxe, elle est égyptienne et magique. Son admiration va à Albert le Grand, Nicolas de Cues, Paracelse, Corneille, Agrippa de Netteisheim . Dans ses ouvrages "La Cena de le Ceneri ". "De la causa, principio", "e Uno ". "De l’infinito, universo e Mondi ". il expose sa vision cosmographique audacieuse et révolutionnaire. Il y soutient les thèses Coperniciennes du monde, et va au-delà encore en imaginant un univers peuplé d’une infinité de mondes :

"Nous affirmons qu'il existe une infinité de terres, une infinité de soleils et un éther infini ". exprime t-il

En 1585, trois nouveaux ouvrages approfondissent et poursuivent ses audaces :

-"Spaccio de la Bestia Trionfante "(L’Expulsion de la bête triomphante) s'attaque aux attitudes calvinistes et catholiques.

-"Cabala del cavallo Pegaseo "(La Cabale du cheval Pégase), opuscule satirique, démolit systématiquement la vénérable référence aristotélicienne.

-"De gl’ heroici furori "(Les Fureurs héroïques) élimine l’idée d’un monde centré, présente un univers où Dieu n’a plus de lieu.

En octobre 1585 il retourne à Paris, il n’écrira plus jamais comme il avait écrit en Angleterre et abandonnera à jamais l’italien. Il y entreprend une critique serrée d'Aristote, avec "Figuratio Aristotelici Physici Auditus" et "Centum et viginti articuli de natura et mundo" (120 articles sur la nature et le monde). Mais les positions religieuses se durcissent : Henri III ne peut plus se permettre de défendre un révolutionnaire du savoir. De plus, une dispute avec Mordente, géomètre associé aux Ligueurs l'accuse de plagiat en s’attribuant la paternité du compas différentiel. Il le traite "d’idiot triomphant". Exilé en Allemagne en juin 1586, afin de ne pas tomber aux mains de la Ligue l'université de Marbourg puis celle de Wittenberg l’accueillent. A l’automne 1588, après des heurts avec sa nouvelle hiérarchie, Giordano Bruno apprend son excommunication de l’église luthérienne. Il resta 6 mois à la cour de Rodolphe II qui protégeait alors alchimistes et astrologues, puis reprend la route, en Allemagne ; ses ouvrages témoignent alors de sa volonté d’organiser sa pensée :"De triplici minimo et mensura, "réflexions sur l’infiniment petit (précurseur des études sur l’atome). "De imaginum, signorum et idearum compositione" (De la composition des images, des signes et des idées), introduit un prodigieux système mnémotechnique. À l'issue d'une dernière expulsion à Francfort, un séjour à Zurich, Bruno accepte en août 1591 l'invitation à Venise d'un jeune patricien, Giovanni Mocenigo à travers Battisti Cioto le marchand de livre. Il réside 3 mois à Padou où vit Pinelli qui fait de sa maison et de sa bibliothèque un centre d’érudition qu’il quitte en mars1592.  Mocenigo et Bruno ne s’entendent pas, Mocenigo attend de Bruno qu'il lui enseigne la mnémotechnique et l’art d’inventer. Le patricien considère vite qu’il n'en a pas pour son argent, alors que Bruno considère que sa présence est déjà un honneur pour son hôte. Déçu, Bruno veut repartir et froisse Mocenigo, qui essaie de le retenir prisonnier puis, ne parvenant pas à  le soumettre, finit par le dénoncer à l’inquisition vénitienne, le 23 mai 1592. Bruno est arrêté, jeté à la prison de San Domenico di Castello.On de demande d'ailleurs si les intentions de Mocenigo, n'était pas au départ la chutte de Giordano...

Aprés huit années, de procédure, d’un acte d'accusation qui évolue. et se concentre sur ses positions théologiques hérétiques : sa pensée antidogmatique, le rejet de la transsubstantation que le concile de Trente vient de confirmer, de la Trinité, son blasphème contre le Christ, sa négation de la virginité de Marie, sa pratique de l’art divinatoire, sa croyance en la métempsychose, sa vision cosmologique,  l'acte d'accusation ne cessera de croître.

Blanchi par les tribunaux vénitiens, Bruno est presque libéré. Mais la Curie romaine semble vouloir lui faire payer son apostasie. Sur intervention personnelle du pape auprès du doge, (une procédure tout à fait exceptionnelle), Rome obtient l'extradition et Bruno se retrouve dans les redoutables geôles vaticanes du Saint-Office.

En 1593, dix nouveaux chefs d'accusation sont ajoutés. Bruno subit sept années de procès, ponctuées par une vingtaine d'interrogatoires menés par le cardinal Robert Bellarmin, qui instruira aussi le procès du système de Copernic en 1616.

 La foi de Giordano est celle d’un hermétiste néo platonicien qui n’accepte pas de considérer "l’intellectus" ou "Filius Dei" des Hermetica comme la deuxième personne de la trinité son attitude nie l’identité entre "le filius dei hermétique" et la deuxième personne de la trinité chrétienne, élément fondamental qui rend l’hermétisme de Giordano purement égyptien, la religion Hermétique égyptienne n’étant nullement considérée comme" une prisca théologia" anticipant le christianisme mais comme une vraie religion.



:"Je ne recule point devant le trépas et mon cœur ne se soumettra à nul mortel. "dit il.  Le pape Clément VIII somme une dernière fois Bruno de se soumettre, mais Bruno répond : " Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter. "



Le 20 janvier 1600, Clément VIII ordonne au tribunal de l'Inquisition de prononcer son jugement qui le déclare hérétique et le condamne à être remis au bras séculier pour être puni,  avec autant de clémence qu'il se pourrait et sans répandre de sang ...

À la lecture de sa condamnation au bûcher, Bruno commente : "Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à la recevoir. ". Le 17 février 1600, mis à nu, la langue entravée par un mors de bois l'empêchant de parler et de crier, sur le Campo Dei Fiori il monte bûcher ..

 

 

Les ouvrages de Giordano Bruno sont toujours publiés notemment par la maison d'édition:"Les Belles Lettres"

 

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Nefer Hotep

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