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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 14:35

Tailleurs de pierre, maçons, plâtriers, sculpteurs, graveurs, dessinateurs, peintres y vécurent ensemble avec leurs familles, placés sous l’autorité du vizir de Thèbes-ouest.

Le village possédait sa règle et son tribunal qui rendait des jugements souverains. Un scribe royal tenait un journal quotidien qui raconte les bonheurs et les malheurs de la communauté : absences, maladies, élévations dans la hiérarchie… Ce document et beaucoup d’autres témoignages comme les modestes ostraca (éclats de calcaire) permettent de retracer l’histoire de Deir el Medineh qui pendant 5 siècles sera liée à celle des tombes royales. Il était gardé par un corps de garde spécial qui habitait en dehors et se nommaient les Medjaïou.

 

A son apogée, le village  comprenait environ 70 maisons bâties à l’intérieur de l’enclos de 130 m sur  50 m et une cinquantaine en dehors où vécurent en nombre, des travailleurs variant entre 60 et 120,  sans compter leurs épouses et leurs enfants. Petite communauté, par conséquent, soudée et cohérente, où n’étaient admis que des spécialistes initiés aux mystères de leur art.

Les compagnons de cette véritable confrérie initiatique avaient tous appris leur métier dans "les écoles de Mystères" du dieu Ptah à Memphis. Cette confrérie dont la raison consistait à construire des demeures d’éternité, fut fidèle à sa règle presque jusqu’à ses derniers jours. Lors des procès qui aboutirent à la condamnation des pilleurs, sous Ramsès IX, aucun membre de la confrérie ne fut inculpé. Les premiers traîtres n’apparurent que pendant les ultimes années d’existence de la communauté.

Le nom égyptien de Deir el Medineh était "Set Maât", le lieu où se pratiquait Maât, la Règle qui régit tous les univers. Maât est la plus haute expression de la spiritualité égyptienne ; en vivant de Maât et en la faisant vivre, Pharaon permet à l’Egypte d’être en contact avec le divin et de prospérer. Il n’est donc pas indifférent que le village des artisans soit placé sous la protection de cette règle que chacun devait appliquer dans son travail.

 

C’est Amenhophis1er  et sa mère Ahmès-Nefertari  qui vers l1504-1525  fondèrent l le site, en1600 BC. Thouthmès I fonde la confrérie et inaugure le site. Ahmès-Nefertari  et Amenhophis 1er vénérés par les habitants du village,  firent l’objet d’un culte quelques années plus tard.

Une muraille entourait le village qui formait une entité protégée du monde profane et surveillée par des gardes. N’y pénétraient que les membres de la confrérie et leur proche famille.

Sous Ramsès III, les premiers signes de la désagrégation sociale apparaissent et le plus célèbre de ces signes fut la grève des artisans de Deir el Medineh. Ne recevant plus la nourriture et les vêtements qui leur étaient dus, ils refusèrent de travailler et se mirent en grève.  Ils menacèrent même de quitter le village où ils habitaient et de ne plus y retourner. Ramsès III en personne dut intervenir par deux fois pour que les artisans reprennent leur travail.

La décadence commença réellement sous Ramsès VI. Au début de la XX ième dynastie la communauté fut dispersée. La plupart des adeptes furent accueillis au Temple de Medinet Habou.

Là où vivaient les artisans,  ils étaient enterrés, de génération en génération. Dotées d’un soubassement en pierre, les demeures en brique crue comprenaient une entrée, une première pièce équipée d’un autel dédiée à Meretseger  « Celle qui aime le silence » et d’une table d’offrande ; une seconde pièce plus haute et plus grande qui servait de salle de réception, une ou plusieurs chambres à coucher, une salle d’eau, une cuisine, une cave et une terrasse où l’on dormait volontiers l’été.

 Les réunions de la confrérie se tenaient dans des oratoires au nord du site ou dans le Temple. Les artisans s’installaient sur les banquettes en pierre, le long des murs. Là se transmettaient les secrets des métiers, là étaient initiés ceux que la communauté jugeait aptes à œuvrer dans la Vallée.

 

Vivre éternellement à l’endroit où l’on a vécu et travaillé : tel est  le destin des hommes et des femmes de Deir el Medineh. Les tombes étaient signalées par la présence d’une petite pyramide qui rappelait les monuments de l’Ancien Empire. A l’aide de ce symbole, la communauté se rattachait aux origines de civilisation égyptienne et à l’enseignement des sages d’Héliopolis.

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Nefer Hotep

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