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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 15:59

Le Temple de Thotmès III : 

 l’akh-menou " demeure glorieuse stable du Akh"

Une stèle du musée du Caire date à l’An 24 du règne de Men Kheper Rê relate la cérémonie de fondation.

On l’appelle le Temple « aux monuments lumineux ».  Il s’étale en largeur dans un axe sud-nord et semble interrompre la progression vers l’orient de Karnak. Il faut passer par lui pour vivre un processus de transmutation qui permettra d’entrer dans le domaine de la lumière du premier matin. Devant la porte, 2 colonnes de grès. Deux colosses du roi en costume de "fête-Sed " gardent le seuil. On traverse un vestibule puis un couloir  ouest/est  qui dessert 9 chapelles. Sur le mur nord desservant les 9 chambres, le roi est représenté en costume de heb-sed, un court manteau blanc d’où sortent ses mains tenant des sceptres. Il effectue la course rituelle et tire à l’arc, prenant ainsi possession du cosmos. Sur la gauche s’ouvre la salle à colonnes appelée " la salle des fêtes ". Deux rangées de 10 colonnes en forme de piquets  soutenant le kiosque dressé lors de la fête de la régénération, et une rangée de 32 piliers triangulaires. C’est dans cette « chambre du milieu », " celle qui est au cœur " que Thotmès III (-1470-1438)célébra la fête de la régénération.

Sous la dictée des dieux, il rédigea lui-même son décret d’intronisation, les annales sacrées, et grava une inscription sur une coupe cérémonielle. Les divinités s’étaient réunies autour de lui pour concentrer leur émission d’énergie sur la personne royale et lui donner le bonheur, année après année. Les portes de la salle des fêtes s’ouvraient sur 2 ensembles symboliques complémentaires :

- au nord-est, des salles solaires où la lumière divine anime le roi d’une inégalable puissance créatrice,

- au sud-est, les salles du dieu Sokaris, garant de la résurrection de cette puissance dans l’au-delà.

Deux salles du Temple ont acquis une notoriété particulière. La première est " la chambre des ancêtres " (Prisse d’Avennes a  scié et transporté les blocs au Louvre en 1843 !). Là, Thotmès honore 57 pharaons qui l’ont précédé. La seconde est connue sous le nom de " jardin botanique ". Plantes, animaux se dirigent en cortège vers le sanctuaire caché, formant un hymne de pierre qui rend hommage au point le plus mystérieux du Temple, au Principe Vital de l’Univers. C’est un symbole de la régénération permanente du monde animal et végétal.

De l’angle nord-est de la salle des fêtes part un escalier qui mène vers une salle haute. Sur ses parois sont représentés "les âmes de Pe et de Nekhen ". Il s’agit d’un sanctuaire consacré à la vénération de la lumière du levant. On y exposait les statues de culte lors de la fête du Nouvel An pour qu’elles soient régénérées parle soleil renaissant. Lors de ce rite de " toucher le soleil ", l’esprit de Pharaon communiait avec la lumière. Cette dernière pénétrait dans la statue d’Amon pour al rendre rayonnante pendant l’année rituelle.

 L’Akh-menou  découvert par Champollion, est un sanctuaire qui ancre la fonction royale dans l’éternité et sert de cadre aux fêtes de la régénération célébrées auparavant dans la petite salle à colonnes précédant la cour du Moyen Empire. Pour François Daumas, l’akh-menou est le cœur du sanctuaire de Karnak. Il remonterait à la XIIe dynastie. Là, on célébrait l’union théologique  de et d’Amon, de la lumière et du principe caché. Pour Paul Barguet, l’Akh-menou avait une autre fonction essentielle : servir de cadre rituel à l’initiation des principaux prêtres d’Amon. A partir d’Hatchepsout, il servit pour les fêtes royales avant d’être réservé au culte Divin journalier. L’Akh-menou avait son administration propre, avec un clergé bien distinct, il était à lui seul un véritable Temple.

Ce Temple ne ressemble à nul autre, Ici on vient de L’occident et l’on sort de la nuit pour aller vers la lumière de l’aube. Tous les principes divins sont présents en ces murs qui servirent de pivot à Thothmes III pour remettre au premier plan la théologie solaire de la pensée Héliopolitaine, favorisant ici la présence Shemsou, fraternité à laquelle il appartenait sans jamais en avoir été le maître. Ici l’architecture labyrintique s’inscrit dans l’espace et les aléas de la démarche initiatique.

 

 

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Nefer Hotep

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