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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 10:50

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La Première Heure

La lumière Anubienne s’installe : ce n’est plus tout à fait le jour, ce n’est pas encore la nuit. Le disque orange du vieil Atoum sombre à l’horizon occidental. Ce fugace instant de passage baigne dans une atmosphère insolite et quand les ténèbres enveloppent enfin  la chair d’Af  le soleil mort, un léger zéphyr se lève. Le cadavre est déposé sur la longue barque Mesketet. Neuf cynocéphales et 12 déesses  viennent accueillir cet enfant perdu dans les immensités hostiles d’une mort en apparence victorieuse. Son corps noir, momifié porte sur la tête de bélier la couronne du disque solaire. La navigation commence et l’on traverse une zone aux limites floues qui n’appartient ni au royaume de la vie ni à celui de la mort. Les serviteurs du dieu emmailloté marchent en silence sur les rives.
La Deuxième Heure

L’embarcation pénètre dans la région verte et fertile de la ville sainte et de la nécropole d’Abydos. Ici un dieu a pour la première fois vaincu la mort. Il s’appelle Osiris-Khentimentiou, "Seigneur de l’Occident". Dans les petits champs sillonnés de canaux et soigneusement irrigués, les shaouabtis serviteurs fidèles du mort achèvent de récolter à l’ombre des palmiers verts, les épis d’une moisson céleste. En parcourant cette campagne idyllique, la barque et son mystérieux navigateur réveillent les neter de la végétation et réactivent le cycle des moissons. Le voyage est paisible. Isis et Nephtys métamorphosées en cobras-uraeus ont pris place dans la barque.
La Troisième Heure

Dans le silence, on entend crisser les pas rapides des Massacreurs, génies chargés d’écarter et de tuer les ennemis du  Soleil noir sui déjà s’avancent pour arrêter la procession de la barque.  Leur action efficace  assure le passage de la nef divine. Mais les Massacreurs se lamentent en voyant la barque s’éloigner vers le domaine de cet Osiris singulier capable de revêtir 8 formes différentes (rappel probable de l’Ogdoade hermopolitaine de Thot).
Quatrième Heure

On voit un corridor partant de la rive droite (d’en haut) et traversant le fleuve Ournès en biais pour se perdre au-delà de la rive gauche. La région est infestée de serpents polycéphales aux ailes déployées et pourvus de jambes. Ces créatures dominent les 4 éléments et rendent la navigation périlleuse. La barque solaire glisse sur un plan incliné. Elle est cette fois halée par quatre bateliers tenant un câble. Un passage commençant au sommet de la rive droite traverse le fleuve à angle aigu et continue sur la rive gauche. Ce passage est appelé Ro-Setaou  ce qui signifie : " la bouche de halage ". Il est muni de trois portes (mades, mades-maât, mades neheh) et symbolise le mauvais chemin qui s’écarte de la voie droite menant  à la résurrection. L’homme qui a pris ce chemin sera puni en proportion de la « profondeur » de sa pénétration dans cette voie.

On entre dans le royaume de Sokar. Pour échapper aux serpents, la barque elle-même se transforme en serpent et ondule sur le sable dans le feu violent craché par les reptiles.
Cinquième Heure

Le Ro-Setaou  conduit dans la " terre de Sokar"  qui contient le corps caché ou secret de ce neter. Le tas de sable est le symbole de cette partie matérielle composant l’être incarné qui retourne à la terre pour se confondre avec elle (la poussière redevient poussière). Sokar est étendu sous le " tas de sable ". Il a deux têtes, une à chaque extrémité de ce tas. Il se tient devant une porte qui doit être franchie sans retour. Pour Af, c’est le moment du choix définitif : renoncer ou poursuivre le voyage dans cette  contrée inhospitalière où des dunes de sable brûlant sont autant d’obstacles à surmonter. Sept dieux et sept déesses vont surgir pour tirer le bateau et le placer face à l’espoir : le scarabée Khepri dont les ailes bruissent dans le silence restauré. Vaine est la présence de Sokar. Ses traits impassibles sont maintenant ceux d’un sphinx. Dans le canal, têtes sans corps et corps décapités vont à la dérive : ceux-là n’ont pas osé affronter le sphinx qui pose la question menant à la justification.
Sixième Heure

Le voyage se poursuit. Après Abydos et Saqqarah, la barque met le cap pour Busiris, l’autre ville d’Osiris dans le Delta. Ces nécropoles sont autant de seuils qu’il faudra vouloir franchir sans se retourner, sans crainte, habité d’une grande espérance. En ces lieux tout est fluidité et mouvance ; le temps et l’espace sont dilués. Entre les flots glissent les serpents mangeurs de mânes que seule la magie de Thot peut écarter. Quand le dieu ibis présente les deux oudjats, ils prennent la fuite et alors réapparaît l’hiérophante des futures métamorphoses.
Septième Heure

Apopis, l’ennemi le plus redoutable n’a pas encore été affronté. Le voici qui avance serpent gigantesque, crachant un venin incandescent capable de faire évaporer les eaux du Noun afin que sa barque se couche sur la rive et qu son fragile occupant soit la proie des créatures de l’ombre. Les incantations de la magicienne Isis sont l’unique recours contre ce dragon. Ses paroles repoussent Apopis et tissent autour du dieu navigateur les méandres d’un long serpent qui assurera désormais la protection du Soleil noir. Enfin douze étoiles (les 12 visages d’Horus) apparaissent  dans le ciel pour guider le pèlerin  vers l’éternité.
Huitième Heure

Dans les flancs de la montagne s’ouvrent des cavernes : les tombes des neuf dieux de l’Ennéade d’Héliopolis. Ils ne gisent pas inertes dans la mort ;  ils sont momifiés, ils gestent leur devenir. Ils sont les témoins du miracle. Ils s’éveillent au passage de la barque mais leur bouche reste scellée car la parole est impuissante à révéler le mystère. Seule l’expérience du voyage permet de l’approcher.
Neuvième Heure

Tirée par douze étoiles, la barque traverse à présent le fertile domaine d’Osiris, neter de la végétation. Dirigés par un dieu mommiforme, neuf cultivateurs présentent au voyageur les plantes et les arbres qui croissent en vigueur dans les champs du dieu vert. C’est le début de la résurrection, du reverdissement.
Dixième heure

Changement de cap : on fait voile vers le sud, en direction de la lumineuse contrée solaire d’Héliopolis. Af, purifié par le feu et l’eau devient Khepri dans son œuf. Le serpent Mehen enlace le cops en train de renaître. Un faucon  plane au-dessus de la barque. Les cynocéphales de Thot reconnaissent le dieu et lui présentent les Oudjats. L’étrave fend les eaux  limpides où s’ébattent paisiblement ceux qui se sont déjà baignés dans la lumière de l’Est.
Onzième Heure

Il reste pourtant à subir la dernière épreuve : traverser un territoire hérissé de brasiers où se consument les ennemis de la lumière. Enfer des impies. Dans le ciel scintillent les étoiles de la constellation de la Tortue, lieu de la renaissance. Le jour va poindre. Dans la fraîcheur de la brise du nord monte, à l’avant de la barque, le disque rougeoyant du soleil revenu. Pour la seule et unique fois, le globe solaire régénéré se tient à l’avant de la barque.
Douzième Heure

Entré par la queue d’un serpent gigantesque, Af ressort par la bouche sous la forme du scarabée. La lumière anubienne fait place à l’autre. Madet , (mandt) la barque solaire du matin est hissée à l’Orient par douze serviteurs tandis que le vieux corps d’Af est adossé contre une dune de sable qui marque la limite extrême du voyage. Le Soleil noir a échappé à l’anéantissement en entraînant dans son sillage tous les adeptes de la lumière. Un nouveau voyage commence, une nouvelle odyssée vers le zénith.
Thotmès est régénéré. Le fils de Thot appartient à la famille des  " Infatigables ".


Photo: king Valley tombe de Thothmés

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Nefer Hotep

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