Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 07:28

La barque dans la pensée égyptienne est le véhicule des dieux ou des êtres en  cours de divinisation.
C’est l’outil pour avancer et il n’y a jamais de rituel sans barque, elle est au centre du rite et se nomme "navette", tissage dans une dynamique fluide du fleuve où on tisse à chaque passage notre destin dans un monde volatil comme l’eau
.

Pour dire mourir les égyptiens,  ont de très nombreuses formules, la plus courante étant Méni ce qui veut dire aborder.  Men développe une idée de stabilité Méni veut dire planter dans la berge (ça veut dire acquérir une autre stabilité.)

Les égyptiens allaient en pèlerinage  à Abydos, ils disaient la navigation vers Abydos, n’employant pas le terme de pèlerinage. Ceux qui habitaient au Nord descendaient vers Abydos et ceux du Sud montaient en utilisant uniquement des termes de navigation. La barque est le symbole du pèlerinage en Abydos, vers Abdjou dont la racine veut dire "poisson" autrement dit, c’est comme le poisson qui remonte à sa source.

 La barque est une image forte de la civilisation égyptienne, sur les chantiers on utilisait un vocabulaire de marin(bâbord, tribord etc..) elle est l’image de la puissance acquise qui permet de se mouvoir. C’est la dynamique de la vie, du désir de la volonté d’être, de se transformer et de maîtriser son destin. En pagayant, les égyptiens mettaient en garde en disant :"si toi tu ne fais  rien, personne ne fera rien pour toi " Le voyageur dans sa barque est décidé à aller ailleurs, il sait que personne ne ramera pour lui; si lui n’est pas en conscience, rien ne se passera dans l’au-delà.

 En alchimie, c’est une navigation sur "la voie Humide",  lente périlleuse. Le Nil était un fleuve à crue, capricieux, à la navigation dangereuse dont les bancs de sable étaient appelés" le Dos de Seth". Il faut sans arrêt prévoir les périples, retrouver les repères, excellente image du piège de la vie ; la barque est" le vase de l’œuvre". Les deux outils du travail alchimique, sont le vase et l’athanor, le vase est le fourneau qui va cuire la matière. Pour vase on dit souvent "vaisseau". En alchimie on parle de voie sèche et humide et l’eau nécessite la barque pour naviguer, l’eau ici est noire car la Douat est un monde obscur, de pénombre et plus on avance, plus il fait sombre, car on approche de la lumière. Donc avant, il faudra arriver dans ce que l’alchimie appelle "le noir plus noir que le noir", on ne passe pas de la pénombre à la lumière, on est obligé de passer par ce noir. On avance donc dans la Nigredo qui est un noir de plus en plus épais, c‘est une navigation lente non dépourvue de dangers, d’où les bancs de sable que les égyptiens appelaient " le Dos de Seth,".

Autre image de cette navigation, c’est l’affreux serpent Apopis   dont le nom Egyptien est Aapep( (qui est là pour entraver la marche de l’univers). Le  serpent dragon passe à l’attaque, il n’attend pas que les choses arrivent, il veut  arrêter le mouvement pour revenir à l’état du Noon, car c’est lui-même le Noon qui a été violenté par la création et qui n’a qu’une aspiration, c’est de revenir à l’inertie,   qui symbolise le combat inévitable. Car le voyage dans la Douat est inévitable, comme la vie. L’Alchimie appelle cela" la navigation des enfants de la science", elle dit que c’est une navigation savante et aventureuse.

 Il n’y avait pas de rituel sans barque en Égypte, elle pouvait être bijoux ou vrai barque, c’est un poncif de la pensée, car le rite est quelque chose qui bouge et se déplace en nous, on utilise aussi le terme de navette qui évoque la navigation Isidée, car à l’époque Ptolémaïque au mois de mai, au printemps,(car de mai à novembre on ne naviguait pas la méditerranée était trop dangereuse), on faisait sortir la statue de la déesse dans sa barque et on la faisait naviguer dans le port. Moment de navigation psycho spirituelle, car chaque année on remettait la barque à la mer pour aller ailleurs.

Un chapitre du livre des morts est consacré à la barque et à un moment donné le défunt se trouve devant une barque en Kit, il doit dire au dieu gardien le nom de chaque partie, c’est un tuilage !
 Une fois les  parties identifiées, il faut la remonter, c’est ce que nous voyons ici ; la barque que lui-même a remonté pour pouvoir continuer le voyage.


"Vivre n’est pas indispensable, Naviguer est indispensable"
(Peshoa qui veut dire" personne").

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Nefer Hotep

  • : Le blog de Meretseger
  • Le blog de Meretseger
  • : Ballade sur les routes de l'Egypte, l 'Ombre et la Lumière de la terre de Kemet, sa spritualité.
  • Contact

Profil

  • meretseger
  • Une Passion l'égypte
Une Quête, celle de moi-même, qui me rendra Libre et Vivante
.
  • Une Passion l'égypte Une Quête, celle de moi-même, qui me rendra Libre et Vivante .

Recherche

Archives

Pages